DEMANDE DAGREMENT
(d'après le document national D.G.A.L.)
DOSSIER DAGREMENT SANITAIRE POUR UNE FROMAGERIE FERMIERE

ACCES RAPIDE:
I) INFORMATIONS RELATIVES AU DEMANDEUR
2) NATURE DE LACTIVITE ET DES PRODUITS PREPARES
3) SITUATION DE L ETABLISSEMENT PAR RAPPORT A L'ENVIRONNEMENT
4) DESCRIPTION DE LA FROMAGERIE
5) FONCTIONNEMENT ET ORGANISATION DU TRAVAIL DANS LA FROMAGERIE
6) ANALYSE DE LA MATIERE LAIT CRU ET DES FROMAGES"
Retour aux communications
I) INFORMATIONS RELATIVES AU DEMANDEUR
Barbagli Alain
141 Ch. St Jean
06 910 Amirat
Tel : 04 93 05 60 74
N°ADAGE : 006000391
N° ACS : 06 002129630149 08
N° MSA : 01 63 05 06 088 109
N° Elevage (contrôle laitier) : 06 002 559
2) NATURE DE LACTIVITE ET DES PRODUITS PREPARES
a) Production de lait cru.
Espèces laitières : Chèvre
Nombre moyen d'animaux : 60
Production annuelle de lait : 36 000 L.
Litrage moyen de lait transformé par jour : 120 l.
b) Fabrication des fromages
Espèces laitières : Chèvre
Type de produits : Fromages frais et affinés
Nature du lait utilisé : Cru
Production annuelle : 5760 Kg
Quantité maximale journalière prévue : 32 Kg
- Type de fromages affinés : Lactique.
- Période de fabrication fromagère dans l'année : Du 1/02 au 30/10
- Pas de techniques de report du caillé ou du fromage :
Commercialisation à 95 % frais, 5 % affiné.
- Fabrication ou commercialisation d'autres produits que les fromages.
(Ex : lait cru, yaourt. crèmes...) : Non
- Mode de commercialisation
Vente directe : 3 % à la ferme.
Vente avec intermédiaire : 97 %
Nature des intermédiaires : Restaurants, détaillants.
3) SITUATION DE L ETABLISSEMENT PAR RAPPORT A L'ENVIRONNEMENT
-Voir le plan de situation
- Source d'eau potable : Réseau public
- Destination des effluents :
I) Petit lait :
Bac de dégraissage
Epandage
2) Eaux résiduaires :
Bac de dégraissage
Fosse septique
Drainage
4) DESCRIPTION DE LA FROMAGERIE
- Voir plan de masse
- Local : nature des revêtements et équipements.
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Nature du
sol
|
Nature
des murs
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Nature
des plafonds
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Equipements |
Laverie
|
Carrelage |
Faïence |
Placo,
peinture
anti-moisissures
|
Aération
Chauffage
|
Hâloir
|
Carrelage |
Faïence |
Placo,
peinture
anti-moisissures
|
Aération
Réfrigération
(0°/8°)
|
Salle de
fabrication
|
Carrelage |
Faïence |
Placo,
peinture
anti-moisissures
|
Extracteur dair
Climatisation
(18°/20°)
|
Caillage
|
Carrelage |
Faïence |
Placo,
peinture
anti-moisissures
|
Climatisation |
Sas
|
Carrelage |
Faïence |
Placo,
peinture
anti-moisissures
|
Aération |
Stockage
demballage
|
Carrelage |
Faïence |
Placo,
peinture
anti-moisissures
|
Néant |
- Capacité de stockage du lait cru au froid : 200 l.
- Capacité de stockage des fromages : 1000 Kg et plus
- Locaux: description du matériel.
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Matériel présent
|
| Laverie |
Grand évier deux bacs inoxArmoire de rangement (Produits, étiquettes, faisselles...) |
| Hâloir |
Claies inox
Claies inox à roulettes
|
Salle de
fabrication |
Tank à lait (Groupe ext.) 200 L.
2 * Tables égouttage
2 * Etagères de caillage
Distributeur de savon
Distributeur dessuie-mains
Désinsectiseur électrique (allumé en permanence)
Petite table
Lavabo à commande à pied
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| Salle de caillage |
Claies inox
Claies inox à roulettes
Etagère
|
| Sas |
Distributeur de savon et distributeur dessuie-mains
Lavabo à commande fémorale
Distributeur de tabliers, de charlottes, chaussures.
Placard à balai, désinsectiseur électrique.
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| Stockage demballage |
Palettes plastiques |
5) FONCTIONNEMENT ET ORGANISATION DU TRAVAIL DANS LA FROMAGERIE
- Voir le processus de fabrication
- La traite
La salle de traite est constituée
- Dune machine à traire.
- Dun quai de traite.
- Dun évier avec distributeur de savon et de papier.
- Dun transfert.
Mesures prises pour maîtriser l'hygiène :
* Hygiène du personnel.
- Hygiène corporelle et vestimentaire du trayeur.
- Bonne santé du trayeur.
- Lavabo et savon à proximité du trayeur.
- Lavage des mains en début et en fin de traite. (Plus si nécessaire)
* Nettoyage du matériel de traite.
1. Machine à traire
1) Rinçage (eau froide circuit ouvert) 5 min.
2) Lavage (circuit fermé) 10 min.
- Eau chaude + base (S.P. 1000) 6 jours/7
- Eau chaude + acide (Détéracide) 1 jours/7
3) Rinçage (eau froide circuit ouvert) 5 à 10 min.
2. Nettoyage et balayage de la salle de traite quotidiennement.
3. Nettoyage au nettoyeur haute pression une fois par semaine.
* Vérifications effectuées sur la machine à traire.
1. Une fois par an par un technicien agréé.
2. Points contrôlés quotidiennement par léleveur
- Filtres
- Prise dair
- Propreté générale
- Etat des caoutchoucs
- Dépression
- Huile, mèches, courroies (1 fois par mois)
* Préparation de la mamelle :
- Le paillage abondant de la litière permet déliminer un grand nombre de souillures. Les animaux sont propres.
- Le nettoyage de la mamelle avant la traite se fait avec un chiffon sec.
- Si besoin (souillure exceptionnelle), le nettoyage de la mamelle se fait avec de leau, du savon et un linge propre.
- Elimination systématique des premiers jets dans un récipient spécifique.
-Vigilance toute particulière sur les animaux présentant un taux de cellules anormales
Les chèvres dont le nombre de cellules est supérieur à 1000 sont traites à part. Le lait est détruit. Les chèvres sont soignées.
- Traitement au tarissement en cas dune détection de mammites.
( Antibiotique intra-mammaire à diffusion lente)
* Mesures prévues pour prévenir les mammites :
1. Environnement :
- Superficie et ensoleillement par animal suffisants.
- Protection contre le froid, le vent, lhumidité.
- Litière sèche et propre.
- Alimentation riche, équilibrée, saine, sans changement brusque en nature, en qualité et en quantité.
2. Traite
- Respect des horaires de traite.
- Traite rapide, égouttage non excessif.
3. Machine à traire
- Bon état et propreté générale de lensemble du système.
4. Animaux
-Trayons bien formés,
- Elimination des animaux présentant des mamelles poreuses ou des sphincters mal fermés entre les traites.
- Traitement énergique sur les blessures, les croûtes...
- Elimination sélective des animaux présentant des prédispositions génétiques aux mammites.
- Suivit régulier du taux cellulaire grâce au contrôle laitier.
* Mesures prévues pour diagnostiquer et traiter les mammites :
1. Diagnostic
- Détection des animaux présentant :
- Fièvres.
- Perte dappétit.
- Tristesse.
- Présence de grumeaux dans le lait.
- Couleur anormale du lait.
- Mamelle chaude, congestionnée ou douloureuse.
2. Traitement
- Alimentation diminuée.
- Traite manuelle et destruction du lait.
- Pommade décongestionnante, compresses chaudes.
- Antibiotique intra-mammaire et/ou intramusculaire.
- Respect des délais dattente.
- Réception du lait
Le lait est acheminé par un transfert jusquau tank.
Mesures prises pour maîtriser l'hygiène
* Transfert
- Surveillance de la propreté générale.
- Lactoduc en PVC alimentaire changé régulièrement.
- Chaussette filtrante à usage unique.
- Démontage et nettoyage complet de la pompe et des accessoires, une fois par trimestre.
*Tank à lait
- Refroidissement rapide.
- Contrôle systématique des températures.
- Nettoyage après chaque utilisation avec les produits de la machine à traire.
- Démontage et nettoyage de la vanne quotidiens.
- Entretien mensuel des groupes de froid.
- Utilisation du lait cru
Le lait est stocké au froid avant utilisation dans un tank réfrigéré à 6° pendant 12 heures.
Mesures prises pour maîtriser l'hygiène
Voir *Tank à lait ci-dessus.
- Lensemencement du lait se fait avec le lactosérum de la veille.
- Utilisation exceptionnelle de ferment du commerce.
( Début de saison, manque dacidité)
- Maturation du lait.

- Un seul empresurage par jour permet :
- Une seule fabrication par jour.
- Une maturation lente du lait (12 heures).
- La température souhaitée pour lemprésurage est atteinte.
Lait du soir 6°
Lait du matin 34°
Lait du soir et lait du matin 20°
-Emprésurage
- Caillage lactique (peu de présure 2cC/ 10 litres, petit-lait 3 %)
Mesures prises pour maîtriser l'hygiène.
- Hygiène du personnel, tablier, lavage des mains, chaussures...
- Caillage dans des seaux alimentaires dans une pièce indépendante.
- Contrôle des températures (Lait, pièce).
- Contrôle régulier de lacidité (environ trois fois par semaine)
18° Dornic à lemprésurage.
60° Dornic au moulage. ( Voir document D.9)
- Contrôle journalier de laspect et du goût du petit-lait.
- Ecriture de tous ces paramètres sur un classeur.
(Litrage, température, acidité, aspect, goût)
- Climatisation de la pièce (21° en hiver, 19° en été).
- Nettoyage quotidien de tout le matériel (seaux, thermomètres, louches...)
-Moulage égouttage
- Moulage à louche.
- Egouttage par simple gravité.
- Pas de découpage, pas de pressage.
Mesures prises pour maîtriser l'hygiène.
- Contrôle de lacidité, de laspect et du goût du caillé.
- Hygiène corporelle.
- Lavabo avec robinet à pied, distributeur dessuie-mains à usage unique, brosse à ongles.
- Lavage systématique des mains en début et entre chaque étape différente de la fabrication. (Exemple, entre retournement et moulage)
- Vêtements de protection (blouses, charlottes, chaussures).
- Nettoyage quotidien de tout le matériel (faisselles, tables ...) et de la fromagerie.
- Salage
- Salage en surface 7 heures après le moulage sur les deux faces.
- Le sel est mis à labri dans un placard propre et sec.
- Affinage
- Température du hâloir daffinage : 6/8° c
- Hygrométrie : 90%
- Ventilation naturelle par une cheminée à ouverture réglable.
Mesures prises pour maîtriser l'hygiène.
- Matériel tout inox.
- Contrôle des températures.
- Nettoyage du matériel et de la pièce régulièrement.
- Ensemencement éventuel en flore du commerce.
(Ex : pénicillium candidum )
-Tracabilité des lots de fabrication
- Chaque jour les fromages sont démoulés sur des claies identifiées par lot correspondant à 7 jours de fabrication. (Noté sur le cahier de suivi de fabrication) - Lors de lemballage, les cagettes sont identifiées par une DLUO et un numéro de lot correspondant à la semaine de fabrication
- La DLUO pour tous nos produits est de 1 mois et deux jours de plus que le dernier jour du lot de fabrication. Ex : Lot N°19 du 1/6 au 7/6
DLUO : 9 juillet 1998
Exemple :
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Fromage de chèvre fermier
|
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Alain Barbagli
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141 ch. St Jean 06 910 Amirat
|
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Lot N°: 0133
|
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DLUO: 09/07/98
|
|
Conservation +6°max
|
-Plan de nettoyage et de désinfection de la fromagerie
|
Surfaces |
Principe actif |
Produits employés |
Périodicité du nettoyage |
| Laverie |
Murs
Sol
Plafond |
Détergent, désinfectant, désincrustant |
Ajax+, Eau de Javel
|
1 fois / jour si nécessaire
1 fois / jour
1 fois / mois plus si nécessaire
|
Salle de
fabrication
|
Murs
Sol
Plafond |
Détergent, désincrustant |
Ajax+
|
1 fois / jour si nécessaire
1 fois / jour
1 fois / mois plus si nécessaire
|
| Hâloir |
Murs
Sol
Plafond |
Détergent, désinfectant, désincrustant |
Ajax+, Eau de Javel
|
1 fois / jour si nécessaire
1 fois / jour
1 fois / mois plus si nécessaire
|
| Caillage |
Murs
Sol
Plafond |
Détergent, désinfectant, désincrustant |
Ajax+, Eau de Javel
|
1 fois / jour si nécessaire
1 fois / jour
1 fois / mois plus si nécessaire
|
| Sas |
Murs
Sol
Plafond |
Détergent, désinfectant, désincrustant |
Ajax+, Eau de Javel
|
1 fois / jour si nécessaire
1 fois / jour
1 fois / mois plus si nécessaire
|
Stockage
demballage
|
Murs
Sol
Plafond |
Détergent, désinfectant, désincrustant |
Ajax+, Eau de Javel
|
1 fois / jour si nécessaire
1 fois / jour
1 fois / mois plus si nécessaire
|
Materiel utilisé pour la désinfection de la fromagerie.
|
Matériel utilisé
|
Produits employés
|
Nettoyage
|
Sols :
Balais brosses
Raclette
|
Ajax+, Eau de Javel
(Un verre de chaque pour 10L)
|
1 Fois / Jour
|
Murs :
Petite brosse
Papier essuie tout
à usage unique
|
Ajax+, Eau de Javel
(Un verre de chaque pour 10L)
|
1 Fois / Jour si nécessaire
|
Plafonds :
Petite brosse
Papier essuie-tout
à usage unique
|
Ajax+, Eau de Javel
(Un verre de chaque pour 10L)
|
1 Fois /semaine si nécessaire
|
Ustensiles de fabrication :
(Faisselles louches ... )
Petite brosse
|
SP 106 (base)
Détéracide (acide)
(Un verre pour 10L)
|
6 jours /7
1 jours /7
|
Plan de nettoyage et de désinfection du matériel
|
Matériel
|
Produits
employés
|
Dosage
|
Matériel de
nettoyage
|
Fréquence du
nettoyage et de
la désinfection
|
|
Table inox
|
Eau chaude
SP106
|
30cc/2L
|
Brosse
Raclette
|
1Fois / jour
Eau chaude après chaque utilisation
|
|
Table pvc
|
Eau chaude
SP106
|
30cc/2L
|
Brosse
Raclette
|
1Fois / jour
Eau chaude après chaque utilisation
|
|
Faiselles pvc
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
1Fois / jour
Après chaque démoulage
|
|
Louches inox
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
1Fois / jour
Après chaque démoulage
|
|
Claies inox
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
1Fois /semaine
après chaque emballage
|
|
Grilles pvc
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
1Fois /semaine
après chaque emballage
|
|
Seaux pvc
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
1Fois / jour
après chaque moulage
|
|
Vanne pvc
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
Goupillon
|
1Fois / jour
après chaque caillage
|
|
Thermomètre
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
après chaque
utilisation
|
|
Régle du tank
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
1Fois / jour
après chaque caillage
|
|
Ustensiles
(couteau, cuillère...)
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
après chaque
utilisation
|
|
Palette plastique
|
SP106
ou Détéracide
|
Un verre / 10 L
|
Brosse
|
2 mois |
-Lemballage :
Le stockage des emballages se fait sur des palettes plastiques lavables, dans un local propre, carrelé Jusquau plafond (mur et sol), hermétique et à labris de toutes sortes de nuisibles.
Description : Cagette bois gerbable à usage unique arrivées sur palettes filmées (Voir document Ets Martin).
Connaissant à lavance le nombre de cagette, nous les emmenons dans la fromagerie dans des grands sacs plastiques le lundi matin à 9h environ. (Si par erreur, il y en a trop, elles sont ramenées à laide de grand sac plastique dans la salle de stockage)
A aucun moment les fromages sont en contact avec le bois, ils sont emballés dans un papier alimentaire ingraissable.
Les fromages emballés sont directement mis dans le véhicule frigorifique (route et secteur, réglé sur 3 °c) en attente de la livraison.
-Létiquetage :
Létiquetage se fait individuellement sur chaque fromage, sauf sur celui au poivre.
-Le transport :
Le transport des fromages se fait dans un véhicule isotherme frigorifique 0°/6° (route et secteur).
Les fromages emballés sont stockés à lintérieur 12 heures avant le départ.
Le véhicule, un Citroën Berlingo a été équipé par les Carrosseries Lambert à Gemenos (Igloo), contrôlé par les Services Vétérinaire en vue de lobtention du certificat dagrément en catégorie FRIGORIFIQUE FNAX
- Le personnel :
*Matériel de nettoyage à disposition du personnel.
- Lavabo à commande à pied.
- Brosse à ongles.
- Distributeur de savon professionnel (Mevon N°77) bactéricide à usage alimentaire.
- Distributeur dessuie-mains à usage unique.
*Périodicité.
- Lavage des mains systématique avant chaque étape de fabrication.
- Lavage régulier des chaussures. ( 1/par semaine env.)
* Tenue.
- Tabliers PVC à usage unique.
- Calots ou charlottes.
- Masques et gants en latex disponible dans léventualité dune nécessité. ( Ex. Rhume ou plaie)
- Accès à la fromagerie avec des chaussures propres et lavables.
* Formation à lhygiène.
- Centre de formation agricole de Carmejanne. (1984)
- Stages FAFEA par le biais du syndicat caprin du Var.
( de 1982 à 1988)
- Plan de lutte contre les nuisibles :
* Insectes volants.
- Les portes sont tenues fermées, il y a un rideau à lentrée du bâtiment.
- Dés lapparition des premières mouches les bâtiments délevage sont traités avec un insecticide puissant. ( Alphacron) Puis un deuxième traitement trois semaines plus tard. Eventuellement un troisième si le besoin sen fait sentir.
* Insectes rampants.
- Il ny a pas dinsectes rampants dans la fromagerie.
* Rongeurs.
- Les bâtiments étant neufs, il ny a pas de rongeurs dans la fromagerie.
6) ANALYSE DE LA MATIERE LAIT CRU ET DES FROMAGES
-Nature et fréquence des analyses :
-Fréquence
- Un contrôle par mois sur le lait pour la recherche de cellules.
- Deux contrôles par an sur le lait et le fromage jusquà maintenant.
- Trois contrôles par an sur le lait et le fromage à partir du 01/01/98.
- Nature
- Analyse physique de la couleur, lodeur et consistance du lait et du fromage.
- Analyses bactériologiques
-Comptage des germes et comparaisons aux normes.
RECHERCHES EFFECTUEES SUR LE LAIT SUR LE FROMAGE
|
RECHERCHES EFFECTUEES
|
SUR LE LAIT
|
SUR LE FROMAGE
|
|
Staphylocoques A
|
oui
|
oui
|
|
Escherichia coli
|
oui
|
oui
|
|
Salmonelle
|
non
|
oui
|
|
Germes aérobies
|
oui
|
non
|
|
Listeria monocyto.
|
non
|
oui
|
- Laboratoires danalyse :
Laboratoire Vétérinaire Départemental
Sophia-Antipolis
B.P. N°107
06 902 Sophia-Antipolis Cedex
- Historique des analyses.
Nos analyses depuis les 5 dernières années se sont révélées avec une quantité de germes pathogènes inférieure ou égale à la norme. Depuis 1984 (Date de création de notre exploitation), nous avons toujours obtenu notre certificat sanitaire.
En tenant notre vigilance en alerte, en continuant de mettre en place une surveillance des sources de contaminations, en respectant les règles rigoureuses de nettoyage et de désinfection, nous sommes en mesure de garantir un fromage sain répondant en permanence aux normes bactériologiques.
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PRODUCTION ANIMALE
De tout temps, les hommes ont eu recours aux animaux notamment pour se nourrir et pour utiliser leur force. Lélevage sest peu à peu industrialisé si bien quaujourdhui les animaux sont produits massivement à des prix relativement bas pour satisfaire la demande. Dans les pays développés, les élevages sont techniquement sophistiqués. Les animaux, auxquels on apporte des soins intensifs, sont devenus plus que jamais des objets au centre dune recherche systématique et parfois brutale de profit. Ils sont par ailleurs sollicités pour produire des éléments particulièrement précieux pour la santé humaine tels que des cellules, des organes ou des protéines recombinantes.
Lhomme modifie ainsi progressivement son alimentation et la manière de la produire. La pêche se transforme en une activité de production importante: laquaculture. La diversité est également recherchée puisque, régulièrement, des espèces végétales et animales (autruche, bison...) font leur apparition dans lassiette des consommateurs.
Ces productions massives saccompagnent toutefois de pollution, du mal-être des animaux, et les produits ainsi obtenus sont parfois de qualité gustative médiocre. Le problème des farines alimentaires carnées responsables à la fin des années 1980 de lémergence de lencéphalopathie spongiforme bovine (maladie dite de la "vache folle") et la polémique franco-américaine autour de lutilisation inconsidérée des hormones viennent rappeler les limites dune trop grande industrialisation de lélevage. Une meilleure connaissance du monde vivant ainsi que les progrès de la recherche, notamment dans le domaine du génie génétique, permettent daborder efficacement et de mieux maîtriser les problèmes rencontrés lors des différentes étapes de la production animale. Cela passe par lamélioration des techniques délevage dans divers secteurs: la nutrition, la lutte contre les maladies, la reproduction et la sélection.
1. Le contrôle du métabolisme des animaux
La nourriture a longtemps été le souci essentiel de lélevage. La constitution de réserves ou la transhumance permettait la survie du bétail mais pas toujours sans déficience alimentaire. Dans les pays industrialisés au climat tempéré, labondance de produits primaires permet de fournir aux animaux une nourriture quantitativement suffisante. De nombreux résidus provenant dactivités agro-alimentaires sont récupérés et utilisés pour la nourriture animale: pulpe des betteraves à sucre, tourteaux de colza et de tournesol, résidus de viande des abattoirs, poissons non consommables par lhomme, etc. Cela permet dutiliser au mieux des sous-produits souvent riches en protéines et bon marché tout en évitant de devoir les traiter pour les éliminer. Toutefois, ces sous-produits doivent impérativement subir des traitements appropriés qui permettent déliminer ou dinactiver les toxines, les agents pathogènes ou les molécules susceptibles de conférer un goût peu agréable à la viande ou aux ufs. Un traitement insuffisant des farines dorigine animale consécutif à une modification des procédés industriels pour abaisser les coûts de production a ainsi été directement responsable, à la fin des années 1980, dune extension considérable de la maladie de la vache folle en Grande-Bretagne. Cet épisode particulièrement peu glorieux de lhistoire de lélevage industriel ne remet pourtant pas en cause le bien-fondé de lutilisation de sous-produits animaux pour lalimentation animale. Des règles précises, qui ne sont par ailleurs ni véritablement contraignantes ni coûteuses, suffiraient à assurer une parfaite inocuité de ces produits.
Les rations quotidiennes fournies aux animaux sont sans cesse étudiées. Quelle que soit leur origine, les produits utilisés doivent permettre aux animaux de recevoir en quantité suffisante, et non excessive, les protéines, les aliments énergétiques, les acides gras essentiels, les minéraux (le calcium notamment) et les vitamines nécessaires à leur développement. Les quantités sont définies pour chaque type danimal et pour chaque étape de sa vie. Une vache gestante puis allaitante recevra donc une ration alimentaire lui permettant de supporter ces chocs métaboliques sans accumuler de carences. Les hauts rendements attendus de ces animaux imposent ces pratiques.
Les additifs alimentaires
Une fois les besoins alimentaires globaux et quantitatifs satisfaits, les améliorations nutritionnelles ne peuvent provenir que dinterventions diverses ayant des effets plus ou moins intenses. Elles sont souvent justifiées par la recherche dune meilleure rentabilité des élevages, ceux-ci, généralement, ne dégageant pas de profits considérables. Chacune dentre elles, même si elle ne joue que sur quelques pour-cent de la production, est appliquée à un grand nombre danimaux, ce qui lui concède un impact économique significatif. De façon générale, les éleveurs sont demandeurs de nouveautés dans ce domaine, même si certaines sont contestables.
Les acides aminés
Seuls certains tourteaux ou sous-produits dorigine animale contiennent des protéines ayant une composition en acides aminés qui réponde aux besoins nutritionnels des animaux. Pour éviter lachat systématique de ces aliments onéreux, certains acides aminés essentiels (méthionine, lysine), fabriqués chimiquement, sont ajoutés à la ration alimentaire, en particulier pour les animaux monogastriques (porc) qui ne bénéficient pas des bactéries du rumen (ruminants). Deux autres acides aminés, larginine et lacide aspartique, viennent aussi parfois compléter la nourriture quotidienne. Ces deux derniers composés sont non seulement des constituants essentiels des protéines, mais ils sont aussi capables de stimuler le métabolisme des animaux en induisant notamment la libération, dans la circulation sanguine, dhormone de croissance qui favorise le développement des carcasses.
Une alternative à lapport, dans la ration alimentaire, dacides aminés obtenus par synthèse, peut consister à préparer des plantes transgéniques dont certaines protéines sont particulièrement riches en méthionine ou en lysine. De tels projets sont en cours. Une autre approche plus générale peut consister à obtenir des animaux transgéniques, notamment des monogastriques (porc, lapin, poulet, poisson), capables de synthétiser les acides aminés rares. Cette perspective soulève des problèmes complexes qui sont loin dêtre résolus.
Les enzymes
Pour longtemps encore, la nourriture des animaux de ferme abonde en produits relativement grossiers et complexes qui peuvent contenir des toxines, des agents antinutritionnels (qui perturbent la digestion et ne permettent pas aux animaux de bien utiliser leur ration alimentaire), des composés non ou mal digérés (polysaccharides, fibres...). Celle-ci est donc prétraitée ou supplémentée avec des enzymes de digestion comme les glucanases, les xylanases, les amylases et les lipases. Dans certains cas, des enzymes comme la phytase sont ajoutées pour diminuer les déjections animales, qui sont une source de pollution. Lacide phytique (abondant chez certains végétaux), qui nest pas digéré et saccumule donc dans les rejets, renferme en effet du phosphate, élément qui favorise le développement dalgues dans les eaux douces ou marines. Le rôle de la phytase est donc de décomposer lacide phytique, ce qui permet aux animaux (notamment les porcs) dutiliser, pour leur propre métabolisme, le phosphate ainsi libéré.
Toutes ces enzymes utilisées sont le plus souvent extraites en masse de micro-organismes divers et à des coûts réduits. Elles ne sont que partiellement purifiées. La production naturelle de ces enzymes peut être améliorée soit en sélectionnant les micro-organismes en question, soit en leur transférant les gènes codant pour les enzymes et qui permettent leur synthèse à un niveau plus élevé et à un coût moindre.
Les prébiotiques
La flore intestinale des animaux est le résultat déquilibres très complexes entre les différents micro-organismes de lenvironnement qui peuvent simplanter de manière durable dans le tube digestif. Celle-ci nest pas forcément la meilleure pour assurer la croissance rapide des bêtes délevage. Des modifications de cette flore sont possibles, à laide essentiellement dantibiotiques qui sont ajoutés régulièrement à la ration alimentaire des sujets monogastriques, afin daccélérer, de manière très notable, leur croissance. Les antibiotiques ont pour rôle de modifier léquilibre des micro-organismes du tube digestif sans appartenir eux-mêmes au règne du vivant. Ils sont pour cela appelés des prébiotiques. Cette pratique, bien quefficace, est contestable car elle utilise des quantités importantes dantibiotiques. Les micro-organismes se trouvent dans une situation idéale pour acquérir des résistances aux antibiotiques. Ce phénomène peut avoir des conséquences néfastes pour la santé des animaux et des hommes. Cest pour cette raison que quatre antibiotiques ont été retirés de lalimentation animale en 1998.
Laddition danticorps éliminant spécifiquement tel ou tel micro-organisme pourrait se substituer aux antibiotiques. Cette méthode, si elle savérait efficace, naurait pas les inconvénients des antibiotiques.
Les probiotiques
La flore intestinale des animaux peut être significativement modifiée en ajoutant directement à la ration alimentaire les micro-organismes que lon souhaite voir se développer dans le système digestif. De tels micro-organismes exogènes constituent ce que lon appelle les probiotiques.
Ceux-ci peuvent avoir été génétiquement modifiés afin de sécréter des enzymes de digestion, des facteurs de croissance, de la cystéine, etc. Les possibilités offertes dans ce domaine sont considérables dans la mesure où les micro-organismes sont faciles à modifier génétiquement et peuvent être préparés en masse. Leur implantation stable dans le système digestif des animaux nest toutefois pas assurée, et leur addition régulière dans les rations alimentaires est le plus souvent nécessaire.
Lutilisation en masse et dans des espaces ouverts de micro-organismes génétiquement modifiés comporte des risques difficiles à évaluer. Ces micro-organismes ont en effet des chances non négligeables de proliférer dans lenvironnement mais surtout de coloniser les intestins danimaux divers et de lhomme. Les micro-organismes modifiés font lobjet dune étude des biorisques qui doit précéder leur utilisation effective.
Les traitements hormonaux
Les fonctions biologiques sont naturellement contrôlées par divers facteurs dont les hormones. La plupart de ces dernières sont synthétisées par des organes spécialisés (hypophyse, glande surrénale, thyroïde, ovaire, testicule, etc.). Sécrétées dans le sang, elles atteignent ainsi leurs cellules cibles, qui possèdent des récepteurs sur leur membrane externe, dans leur cytoplasme ou dans leur noyau. Chaque hormone reconnaît le récepteur qui lui est spécifique. Celui-ci transmet le message hormonal à la cellule. La sécrétion des hormones est contrôlée par divers mécanismes y compris par dautres hormones: par exemple, le cycle lumineux, la tétée, etc., pour la prolactine; la FSH (Folliculo Stimulating Hormone) et la LH (Luteinizing Hormone) pour les stéroïdes sexuels, etc. Ces régulations se font selon des boucles de rétroaction qui évitent les excès ou les manques dhormones.
Les hormones sont des molécules dont la structure est variée. Certaines sont des protéines (insuline, hormone de croissance, érythropoïétine...), dautres des stéroïdes (strogènes, testostérone, corticoïdes...), des dérivés dacides aminés (thyroxine...) ou des lipides (prostaglandines). La synthèse chimique est possible à des coûts modérés pour les hormones qui sont de petite taille et dont la structure est relativement simple (stéroïdes, protéines simples telles que LHRH Luteinizing Hormone Releasing Hormone , ocytocine, GRF Growth Hormone Releasing Factor ....). Les hormones naturelles sont le plus souvent inactives par voie orale car elles sont rapidement détruites par le système digestif. Des analogues chimiques, actifs par voie orale, sont disponibles pour la plupart des hormones ayant une structure simple.
Beaucoup dhormones sont des protéines complexes comportant plusieurs dizaines ou centaines dacides aminés. Elles doivent donc être biosynthétisées et extraites à partir dorganes naturellement producteurs ou dorganismes génétiquement modifiés. Dans ce dernier cas, les protéines, appelées alors recombinantes, sont récupérées à partir de milieux de culture des cellules (bactéries, levures, cellules animales) ayant reçu les gènes codant pour les protéines ou à partir de fluides biologiques danimaux transgéniques (lait, sang, urine...) et de feuilles ou de graines de plantes transgéniques.
Le contrôle des fonctions biologiques par ladministration dhormones est une pratique courante (contrôle de la reproduction, stimulation du muscle utérin lors de la parturition, etc.). La disponibilité de plus en plus grande dhormones résultant des progrès du génie génétique ne fait quaugmenter ces types de traitement. Il ny a priori aucune raison de bannir la viande ou le lait aux hormones. Ces produits ne peuvent exister naturellement sans laction dune multitude dhormones. Les traitements hormonaux peuvent toutefois avoir des effets secondaires indésirables divers. Ils doivent donc être examinés au cas par cas et non pas globalement.
La stimulation de la croissance par les hormones
Plusieurs hormones sont bien connues pour stimuler la croissance de certains animaux, bien que nétant pas en tant que telles des hormones de croissance. Cinq hormones sont couramment utilisées dans lélevage bovin: trois hormones sexuelles stéroïdiennes (stradiol, progestérone et testostérone) et deux hormones anabolisantes (trenbolone et zeranol). Toutes ces hormones sont obtenues par synthèse chimique. Les trois hormones sexuelles ont une structure chimique strictement identique aux molécules naturelles. Elles sont inactives par voie orale et sont très instables in vivo. Elles nont donc aucune chance davoir une quelconque influence directe sur les consommateurs. Tout au plus ces hormones pourraient-elles provoquer laccumulation de toxines. Rien de tel ne semble jamais avoir été observé. Les deux hormones anabolisantes quant à elles sont des analogues chimiques des substances naturelles. Elles peuvent donc être actives après avoir été absorbées oralement et être stockées à létat de résidu dans la viande.
Ces cinq hormones ont un effet très bénéfique sur la croissance musculaire et donnent des produits alimentaires de qualité acceptable. Elles sont employées de manière systématique dans divers pays dont les États-Unis. Les pays de lUnion européenne en ont refusé lusage et nacceptent pas non plus limportation de viande provenant danimaux traités par ces hormones. Des querelles dexperts, qui ont pour but en grande partie de camoufler une attitude protectionniste, concluent périodiquement que lon ignore quels sont les taux de résidus dhormone ne présentant aucun risque. Il est vrai quil est toujours difficile daffirmer quun produit na pas deffet indésirable sur le long terme.
Lhormone de croissance est une protéine synthétisée par lhypophyse. Sa principale fonction est dassurer la croissance squelettique et musculaire. Chez ladulte, elle a pour effet de puiser dans les réserves de lorganisme, notamment lipidiques, pour favoriser le développement musculaire, la sécrétion lactée chez les ruminants et plus généralement lutilisation de lénergie dont dispose lindividu. Le contenu de lhypophyse en hormone de croissance est faible. Chez lhomme, des extraits hypophysaires humains ont été utilisés pendant des années pour soigner certaines formes de nanisme. Depuis le début des années 1980, cette hormone est exclusivement préparée à partir de bactéries recombinantes afin déviter les contaminations par les agents responsables de la maladie de Creutzfeldt-Jakob. Le fait de pouvoir disposer en abondance de cette hormone a permis de développer toute une série dautres applications (régénération musculaire, effet antivieillissement, stimulation du système immunitaire...). Les hormones de croissance des animaux sont également préparées à partir de bactéries recombinantes. On les nomme le plus souvent BST, PST... pour bovine somatropine, porcine somatropine, etc.
Ladministration dhormone de croissance na pas deffet bénéfique sur la croissance des ruminants et des volailles. En revanche, elle accroît le développement dun certain nombre de poissons et notamment des salmonidés. Chez le porc, la PST naugmente que très peu la croissance corporelle mais permet une meilleure utilisation de la ration alimentaire et un développement amplifié des muscles aux dépens des dépôts graisseux. Cette hormone nest guère utilisable chez les poissons car, pour être efficace, elle doit être injectée tous les jours ou presque, ce qui nest pas envisageable chez des milliers dalevins. Lutilisation de formes retard actives, introduites sous forme dimplants qui libèrent progressivement lhormone pendant plusieurs semaines, pourrait modifier cette situation.
Lhormone de croissance joue un rôle décisif pour assurer le passage du jeune saumon de leau douce à leau de mer. Cette migration saccompagne dun changement morphologique important, la smoltification. Des études ont montré quun plus grand nombre de jeunes saumons survivaient, après leur passage en eau de mer, si ceux-ci avaient été traités une seule fois par lhormone de croissance juste avant daborder les eaux salées. Ce procédé nest pas véritablement passé dans la pratique, en raison de lopposition de certains groupes activistes. Lhormone nest pourtant utilisée quune seule fois, elle est aussi très instable, inactive par voie orale et inactive chez lhomme.
Laugmentation de la sécrétion lactée par la BST (bovine somatropine)
Dans les années 1950, on a montré que la BST stimule très notablement (10 à 20 p. 100) la production laitière des ruminants. Cette propriété na pas pu être exploitée avant que lon dispose de lhormone recombinante. De nombreuses études, menées depuis la fin des années 1980, ont montré que la composition du lait nest que très peu altérée par cette pratique et de manière non gênante pour lindustrie laitière. La santé des animaux est par ailleurs considérée comme non fondamentalement perturbée. Le lait ainsi produit ne contient pas plus de BST que le lait témoin. Cette hormone nest pas active par voie orale et elle est sans effet chez lhomme. En raison de sa capacité à augmenter la production laitière de façon rapide et réversible, la BST a été recommandée par le comité éthique européen, qui y voit un avantage par rapport à la sélection des races, procédé difficilement réversible.
Le recours à la BST na pas pour but daugmenter en tant que telle la production laitière, qui serait excédentaire si elle nétait pas réglementée. Elle permet de réduire le coût de production du lait tout en permettant une meilleure utilisation de la ration alimentaire des vaches laitières. La sélection, qui est très coûteuse, a essentiellement les mêmes objectifs.
Lutilisation de la BST saccompagne cependant de quelques effets indésirables mais dont limportance apparaît toute relative. De nombreux animaux passent en effet ainsi du statut de moyennes laitières à celui de bonnes laitières. La fréquence des mammites sen trouve augmentée, ce qui implique une utilisation plus importante des antibiotiques et une réduction de la qualité du lait devenu plus riche en globules blancs en raison de linfection. Certains travaux suggèrent même que la BST pourrait faciliter la propagation de rétrovirus. Il est possible que cette pratique tende aussi à augmenter le stockage dans la viande de résidus chimiques qui ne sont pas des dérivés de lhormone. Le traitement par la BST peut, par ailleurs, si lon ny prend garde, fausser le schéma de sélection des bovins laitiers. En effet, une distinction doit être soigneusement faite entre les animaux très bons producteurs de lait pour des raisons génétiques, donc héritables, et ceux qui bénéficient du traitement hormonal.
Un rapport récent, préparé par lUnion européenne en 1999, a réévalué limportance des effets secondaires dus à lutilisation de la BST. Celle-ci est responsable de boiteries, qui sont une source de souffrance pour les animaux. La fréquence des infections mammaires et des interférences avec la reproduction des animaux pourrait par ailleurs avoir été minimisée par les études initiales. Depuis le 1er janvier 2000, lusage de la BST est interdit dans lUnion européenne.
Les traitements par intervention sur le système immunitaire
Pour éviter certains traitements hormonaux, on peut, en théorie au moins, recourir au système immunitaire. Il est ainsi possible dinduire chez les animaux la formation danticorps dirigés contre la somatostatine, une hormone dont la fonction est de sopposer à la sécrétion de lhormone de croissance. Ces animaux présentent alors un taux dhormone de croissance endogène élevé et bénéficient de ses effets. Cette approche, bien que séduisante, ne sest pas imposée dans les élevages en raison de son manque de reproductibilité dun animal à lautre.
Certains anticorps bien spécifiques, dirigés contre lhormone de croissance ou son récepteur, miment laction de lhormone en activant son récepteur. Contrairement à lhormone de croissance, les anticorps sont des protéines relativement stables. Cette méthode permet donc en principe de se passer de lhormone. Elle a pour cette raison la préférence de principe (non justifiée scientifiquement) de certains groupements de consommateurs opposés à la mise en uvre de traitements hormonaux.
La formation provoquée danticorps dirigés contre le tissu adipeux des animaux peut, dans certains cas, détruire spécifiquement les cellules où sont stockées les graisses. Ce procédé expérimental ne paraît pas encore exploitable.
Les porcelets mâles doivent être castrés pour éviter que la testostérone ninduise la synthèse de substances naturelles qui donnent un très mauvais goût à la viande. La castration mécanique est efficace mais peu souhaitable car traumatisante pour les animaux. Une immunocastration, qui conduit à la destruction majeure du testicule, peut être obtenue par des injections danticorps dirigés contre lhormone lutéinisante (LH) ou par une auto-immunisation contre le récepteur de cette hormone. Ce procédé est très prometteur dans la mesure où il diminue la souffrance des porcelets et simplifie la tâche des éleveurs.
La leptine, découverte dans les années 1990, est une hormone sécrétée par le tissu adipeux et qui contrôle les dépenses énergétiques des animaux, leur appétit et les dépôts de graisses. Une immunomodulation de la sécrétion de cette hormone pourrait contribuer à contrôler lutilisation de la ration alimentaire des animaux et à améliorer la qualité des carcasses.
Ces quelques exemples montrent les multiples possibilités qui sont désormais offertes aux éleveurs.
Le transfert de gène chez les animaux
Face aux difficultés rencontrées par linjection répétée dhormone de croissance, la transgenèse a été envisagée.
Chez le porc, après avoir introduit le gène dhormone de croissance au stade embryonnaire, on obtient depuis la fin des années 1990 des lignées ayant les mêmes caractéristiques que les animaux traités par lhormone. Ces lignées expriment le gène à des niveaux modérés qui nont pas les effets secondaires observés chez les premiers animaux obtenus dans les années 1980.
Plusieurs espèces de poissons (saumon, truite, poisson-chat, carpe, Tilapia...) abritent le gène de lhormone de croissance exogène. Certains de ces animaux, qui ont une croissance accélérée, ont été mis sur le marché en 1999. Cest le cas par exemple à Cuba du Tilapia. Il reste toutefois à définir les conditions qui empêchent le transgène de se disséminer chez les animaux sauvages de la même espèce.
Des porcs exprimant le gène de lIGF-1 (le principal médiateur de lhormone de croissance) spécifiquement dans le muscle présentent un développement de cet organe augmenté denviron 5 p. 100 sans aucun effet secondaire. Ces porcs expérimentaux, obtenus aux États-Unis dans la fin des années 1990, sont de bons candidats pour être exploités par les élevages industriels.
Des truies exprimant le gène de la-lactalbumine bovine dans leur lait ont été obtenues en 1999. Les porcelets issus de ces animaux ont une meilleure survie, due probablement au supplément protéique apporté par le lait. Limpact économique de cette opération paraît très significatif.
Le caractère "culard" des bovins, qui se caractérise par un hyperdéveloppement des muscles squelettiques, est dû à une mutation du gène de la myostatine. Une modification de ce gène, ou de son expression, est susceptible de provoquer lexpression de ce caractère chez dautres races bovines, voire chez dautres espèces.
Lintroduction du gène IGF-1 spécifiquement dans les cellules des follicules pileux des moutons augmente la croissance de la laine. Une étude de grande ampleur, menée en Australie, vise à améliorer la qualité de la laine. Lopération consiste à introduire chez les moutons des gènes mutés codant pour les différentes protéines qui composent la laine.
Les gènes bactériens du métabolisme du glyoxylate pourraient, chez les ruminants, augmenter la formation de glucose à partir de lacétate provenant du rumen. Le métabolisme de ces animaux pourrait de cette manière être modifié, ce qui leur permettrait de mieux utiliser leur ration alimentaire.
Les gènes Glut 1 et 4, responsables de la captation du glucose circulant par les cellules, pourraient contribuer à développer préférentiellement les tissus (comme le muscle) qui les expriment.
Les enzymes ajoutés à la ration alimentaire pourraient être produits par les animaux eux-mêmes ayant reçu ces gènes. De tels animaux transgéniques pourraient très significativement améliorer lutilisation des substances naturelles comme la cellulose, lamidon, etc., qui composent leurs aliments.
Les possibilités dans ces domaines sont considérables et elles nont encore été que très peu abordées. Les améliorations récentes des techniques de transgenèse permettent dintensifier les recherches. Toutefois, la transgenèse chez les animaux délevage restera moins aisément exploitable que chez les plantes.
2. La lutte contre les maladies
Dans les productions agronomiques, les pertes dues aux maladies tant chez les animaux que chez les végétaux sont considérables puisquelles concernent 10 à 50 p. 100 des individus selon les espèces. Ce phénomène est inhérent à la nature des organismes vivants. Les conditions actuelles de culture et délevage ne font que renforcer la gravité du problème. Diverses approches sont mises en uvre pour réduire les méfaits des maladies.
Léradication des animaux malades
Traditionnellement, les éleveurs éliminent dès que possible les animaux atteints de maladie. Cest la stratégie qui est employée pour les vaches folles dans la mesure où aucun traitement curatif nest possible. Le choix des animaux à éradiquer est essentiel. Il est en effet important déliminer rapidement tous les animaux porteurs des agents pathogènes et, si possible, seulement ceux-là. La présence danticorps dirigés contre lorganisme pathogène signifie que lanimal est contaminé. Tous les animaux séropositifs peuvent être ainsi éliminés si cela savère pertinent. La technique damplification du gène (PCR pour Polymerase Chain Reaction) permet, à partir de petits échantillons de sang, de détecter avec fiabilité et précision la présence du génome de lagent pathogène. Un animal infecté peut ainsi être identifié très tôt et éliminé.
Dans une population, quelques individus peuvent être spontanément résistants à une maladie et ne pas être contagieux. Cette résistance est souvent héréditaire. Dans le meilleur des cas, le caractère de résistance est monogénique et dominant. Les animaux peuvent alors être sélectionnés et multipliés sans même que le gène responsable de cette résistance ait été identifié.
Lutilisation dagents assurant une protection immunitaire
Un animal infecté peut être transitoirement traité par des anticorps qui peuvent être soit injectés, soit ajoutés à la ration alimentaire si linfection touche les voies digestives. Ces anticorps peuvent être extraits du sang dautres animaux immunisés, être contenus dans le jaune dufs de poules immunisées, ou produits par transgenèse dans le lait danimaux ou les feuilles de plantes. Ces traitements, sils se généralisaient, pourraient réduire notablement lutilisation dantibiotiques destinés à neutraliser les agents pathogènes.
Les b-glucanes (présents en abondance entre autres dans lorge) peuvent être donnés oralement aux animaux pour stimuler leur système immunitaire de défense. Un facteur de croissance, lEGF (Epidermal Growth Factor), a de même la capacité de réduire les effets immunosuppresseurs de la somatostatine intestinale.
Ladministration transitoire dinterféron (ou dautres cytokines) peut aider les animaux à lutter contre une infection virale.
La vaccination
La vaccination consiste à stimuler le système de défense de lhôte pour quil neutralise spécifiquement lagent pathogène à lorigine de la réaction immunitaire. Chez les mammifères, les mécanismes de défense sont particulièrement complexes. Ils font intervenir laction danticorps qui sont spécifiquement synthétisés et dirigés contre les molécules étrangères, des cellules lymphocytaires tueuses et le système du complément.
En pratique, il est possible dinduire les mécanismes de défense en administrant aux animaux la totalité ou des parties seulement de lagent pathogène. Les premières tentatives de vaccination effectuées par Jenner et Pasteur ont consisté à administrer des bactéries ou des virus dont les effets pathogènes étaient atténués à la suite de mutations spontanées. Une inactivation a ensuite été pratiquée de manière raisonnée en sélectionnant systématiquement les agents pathogènes spontanément atténués. Il est également possible de tuer une bactérie ou un virus pathogène par des agents chimiques comme le formol tout en lui conservant un pouvoir vaccinant. Ces approches traditionnelles et qui ont fait leurs preuves ne sont toutefois pas toujours couronnées de succès.
Le génie génétique permet daborder ces problèmes avec des moyens beaucoup plus variés et puissants. Dans certains cas, il est possible datténuer très précisément les effets néfastes de bactéries ou de virus en retirant de leur génome certains gènes indispensables à leur propagation ou à leur pathogénicité. Le vaccin contre la myxomatose, mis au point dans les années 1990, repose sur ce principe.
Des antigènes recombinants peuvent être synthétisés en masse en utilisant des bactéries, des levures, des cellules animales recombinées ou des animaux ou des plantes transgéniques. Les protéines bactériennes ou virales ainsi obtenues sont en général administrées par injection. Dans certains cas, elles peuvent être absorbées oralement à létat purifié, sous forme de lait ou de végétaux. Un vaccin recombinant purifié a ainsi été mis au point à la fin des années 1990 pour lutter contre la septicémie hémorragique du lapin.
Au lieu de se servir dune protéine pour induire la réponse immunitaire, il est en principe possible dutiliser le gène codant pour cette protéine. Lexpression de ce gène conduit alors à la synthèse de la protéine puis à la vaccination. Pour que cette voie puisse être exploitable en pratique, il faut que le gène pénètre dans les cellules de lanimal. Ce but peut être atteint de deux manières:
Le gène peut être inséré dans un virus modifié, totalement incapable de se propager mais qui peut encore infecter une fois les cellules animales. Un vecteur viral, le virus canaripox, est particulièrement prometteur puisquil ne se propage que dans les cellules de canaris tout en restant capable dinfecter les cellules de mammifères. Le virus de la myxomatose, atténué et utilisé aujourdhui comme vaccin, peut lui-même devenir un vecteur pour la vaccination moyennant insertion des gènes qui codent pour des protéines vaccinantes provenant dautres agents pathogènes.
Le gène peut être introduit dans un fragment dADN pur. Une étude effectuée au début des années 1990 a en effet montré que cette forme dADN était capable de pénétrer, dans certaines conditions, dans les cellules du muscle ou de la peau après injection directe ou projection sous haute pression. Les gènes contenus dans ce fragment dADN peuvent alors sexprimer et conduire à une vaccination très efficace.
La "vaccination" génétique
La transgenèse permet dobtenir des lignées danimaux devenus génétiquement résistants à certaines maladies. La protection ne fait pas intervenir, au sens strict, un processus vaccinal puisque le système immunitaire de lhôte nest pas sollicité. Le gène protecteur doit alors dune manière ou dune autre neutraliser une bactérie, un virus ou un parasite pathogène.
Les gènes susceptibles dapporter un effet protecteur peuvent être:
Des gènes naturels danimaux spontanément résistants. En pratique, les effets de tels gènes de résistance ont été décrits, mais très peu ont encore été identifiés. Cette approche permet en principe de transférer les gènes de résistance isolés aux animaux de races voire despèces différentes.
Des gènes pouvant coder pour des protéines capables dinhiber les agents pathogènes. Cest le cas des chitinases, capables de digérer la paroi de certains parasites, et des bactériocines, petites protéines pouvant détruire spécifiquement des bactéries pathogènes indésirables.
Des gènes appartenant au génome de lagent pathogène. La surexpression de ces gènes peut perturber les mécanismes dinfection ou de replication du virus à lintérieur des cellules infectées.
Des gènes conçus expérimentalement. Ils peuvent ainsi diriger la synthèse dARN antisens qui sassocient dune manière ou dune autre avec lADN ou lARN viral et perturbent la replication du virus.
Peu de projets de ce type ont encore été menés à bien dans le monde animal, mais les succès remportés avec les plantes laissent penser que la vaccination génétique va aussi devenir une réalité pour les animaux. La lutte contre les maladies repose donc de plus en plus sur des techniques sophistiquées du génie génétique. Dans le même temps, la redéfinition de conditions délevage moins intensif vise à atténuer la fréquence des maladies dans les troupeaux.
3. La maîtrise des techniques de reproduction
La maîtrise de la reproduction est essentielle pour multiplier les animaux en grand nombre et pour procéder à la sélection des individus les plus performants. Pendant des siècles, elle sest cantonnée à mettre en présence des mâles et des femelles pour quils saccouplent. La compréhension des mécanismes biologiques de la reproduction a permis dintervenir de manière raisonnée et plus efficace.
Linsémination artificielle
Linsémination artificielle a été pratiquée à très petite échelle dès le début du XXe siècle. Cette technique a pris son essor dans les années 1950, lorsque lensemble des opérations a pu être suffisamment maîtrisé: collecte du sperme, dilution, conservation à courte durée et conservation par congélation dans lazote liquide. Tout dabord pratiquée essentiellement chez les bovins laitiers afin daccélérer le progrès génétique, elle est maintenant étendue aux autres ruminants, aux lapins, aux volailles et aux porcs. Selon les espèces, le sperme frais ou congelé peut être utilisé. Cette technique, bien que relativement ancienne, est sans cesse améliorée et constitue un enjeu important dans les élevages.
La synchronisation des chaleurs et des mises bas
Larrêt des cycles ovariens par la progestérone permet dinduire une reprise synchrone de ceux-ci chez tous les animaux dun même élevage en arrêtant le traitement par lhormone. Ce contrôle permet de grouper les accouplements et les inséminations ainsi que les mises bas, qui peuvent, par ailleurs, être induites par des injections de glucocorticoïdes et de prostaglandines. Ces pratiques réduisent les pertes car elles mobilisent les éleveurs pendant des périodes courtes. Elles les libèrent également, à période fixe, des contraintes de lélevage.
La photopériode est un des éléments qui contrôlent les périodes de reproduction chez beaucoup despèces animales. Il est possible dobtenir des gestations à contre-saison et ainsi daugmenter le nombre danimaux produits annuellement (les agneaux par exemple) en soumettant les reproducteurs à des cycles lumineux artificiels ou à des traitements par la mélatonine, médiateur chimique essentiel des variations annuelles du cycle lumineux.
Lobtention dembryons in vitro
Lovulation induite par linjection dhormones gonadotropes (superovulation) suivie de la fécondation in vivo, de la collecte des embryons, de leur conservation à létat congelé et de leur transfert dans des femelles adoptives est une pratique courante chez les bovins depuis les années 1970.
Chez ces animaux, il est aussi possible dobtenir couramment et entièrement in vitro des embryons au stade blastocyste. Pour cela, des ovocytes sont collectés à partir dovaires provenant des abattoirs ou prélevés sur des vaches en cycle ou gestantes (plusieurs collectes pouvant être réalisées chaque semaine sur une même femelle). La maturation de ces ovocytes (léquivalent de lovulation in vivo) est achevée in vitro en présence dhormones sexuelles. Lembryon issu de la fécondation in vitro peut ensuite être cultivé jusquau stade blastocyste avec un bon rendement.
Des embryons peuvent également être obtenus à partir dovaires danimaux non matures sexuellement, ce qui permet dévaluer les caractéristiques génétiques de lanimal avant même quil ait pu se reproduire normalement.
Des expériences réalisées à la fin des années 1990 ont montré que des spermatozoïdes lyophilisés conservés à 4 0C peuvent encore donner naissance à des animaux. Les spermatozoïdes réhydratés sont en fait morts; ils ne peuvent donc féconder que par la technique dICSI (Intracytoplasmic Sperm Injection), qui consiste à les injecter dans le cytoplasme des ovocytes.
Cet ensemble de techniques est indispensable pour améliorer directement lefficacité des élevages, pour le sexage et les diagnostics génétiques, mais aussi pour réaliser la transgenèse et le clonage des animaux. Ces méthodes sont appliquées aux autres ruminants délevage (mouton et chèvre) et, depuis 1998, au porc. Les embryons obtenus entièrement in vitro restent toutefois de moins bonne qualité que ceux qui résultent du processus de fécondation in vivo.
La manipulation globale des génomes
Les méthodes qui consistent à perturber le nombre de chromosomes des animaux ne peuvent être appliquées quaux invertébrés ou aux vertébrés inférieurs car, chez les mammifères, elles se traduisent le plus souvent par des dérèglements biologiques profonds.
Un choc thermique ou hyperbar appliqué à des embryons de poissons ou de coquillages et associé à un traitement biochimique dérègle la première division. Les embryons se retrouvent alors avec quatre jeux de chromosomes au lieu de deux. Les animaux se développent normalement mais sont stériles. Cela permet déviter aux poissons darrêter périodiquement leur croissance pour fabriquer des gamètes et aux huîtres dêtre laiteuses pendant la période estivale. Cette technique permet également de peupler des étangs avec des poissons stériles et déviter ainsi une surpopulation qui freine leur croissance.
Le traitement des jeunes salmonidés par des androgènes les rend tous biologiquement mâles (androgenèse) alors quils sont génétiquement mâles ou femelles. De même, un traitement par les strogènes les rend presque tous biologiquement femelles (gynogenèse). Ces animaux sont normalement féconds. Leur croisement et lautoreproduction de quelques animaux hermaphrodites obtenus lors de la gynogenèse permettent une accélération importante du progrès génétique.
La reproduction des animaux par clonage
La reproduction des organismes vivants à lidentique, par clonage, est caractéristique des micro-organismes et de plusieurs plantes qui bouturent spontanément. Avec certaines plantes, on est capable dobtenir spontanément des embryons en partant de cellules totalement différenciées et en les cultivant dans des milieux appropriés. Cette technique est une pratique industrielle courante. Rien de tel nest possible chez les animaux. Pour reproduire des animaux par clonage, le noyau de cellules embryonnaires fraîches est artificiellement introduit en faisant fusionner la cellule apportant le noyau et lovocyte préalablement énucléé. Cette technique a, pour lessentiel, été mise au point chez les batraciens à la fin des années 1950. Depuis 1996, année de la naissance de la brebis Dolly, premier mammifère cloné, il est possible dobtenir des moutons, des vaches, des chèvres, des porcs et des souris à partir non seulement de cellules embryonnaires, mais aussi à partir de cellules ftales et adultes. Ce succès nest dû, semble-t-il, à aucun progrès technique véritable mais plutôt à une levée dinhibition collective des chercheurs. Les échecs répétés obtenus dans ce domaine avaient en effet laissé croire que le clonage à partir de cellules somatiques différenciées était impossible chez les animaux les plus évolués. Une expérimentation intense, soutenue par des projets industriels, a permis de débloquer la situation sans que lon en comprenne véritablement les raisons techniques.
Cet ensemble de techniques est encore mal maîtrisé. Il est important de noter que des souris clonées ont été obtenues par micro-injection directe de noyaux isolés dans des ovocytes énucléés. Une proportion importante danimaux obtenus par clonage présentent des anomalies de développement. Dans son état actuel, la technique de clonage permet dobtenir plus aisément des animaux transgéniques, les gènes pouvant être ajoutés in vitro dans des cellules ftales qui sont utilisées ensuite pour engendrer des animaux clonés transgéniques. Elle reste inutilisable pour obtenir une amélioration génétique significative.
Une fois maîtrisé, le clonage devrait permettre dobtenir de petits groupes danimaux génétiquement identiques et qui présentent des caractéristiques physiologiques intéressantes pour lélevage. Les gènes de ces animaux pourraient alors être rapidement diffusés par la reproduction sexuée classique dans de petits troupeaux pour tenter dévaluer les effets du gène supposé intéressant. Dans laffirmative, les sélectionneurs pourraient procéder, avec un degré de certitude élevé, à une sélection par les méthodes classiques.
Le clonage pourrait aussi être utilisé pour reproduire en relativement grand nombre les animaux délite, tout en évitant les problèmes de consanguinité. En attendant, le clonage pourrait déjà être mis en uvre chez les ruminants, le lapin et le porc pour multiplier en nombre limité des animaux précieux comme des individus appartenant à des races en voie dextinction ou des animaux transgéniques.
4. La sélection des animaux
La sélection des animaux, aussi vieille que lélevage, sest pratiquée pendant des siècles de manière totalement empirique en permettant aux animaux les plus performants de se reproduire préférentiellement.
La découverte des lois de lévolution des espèces puis de lhéritabilité des caractères génétiques a permis de définir des schémas de sélection très efficaces. Les performances des animaux délevage comme la diversité des animaux de compagnie ne cessent ainsi daugmenter. La sélection repose sur quelques principes simples. À chaque cycle de reproduction, quelques gènes sont spontanément mutés à la suite derreurs de replication de lADN ou de laction dagents mutagènes extérieurs. La plupart de ces modifications génétiques ne sont pas révélées, faute dune pression de sélection. Des vaches laissées à létat sauvage en Normandie auraient de bonnes chances de se retrouver presque identiques après plusieurs siècles. En revanche, au Brésil, des vaches importées puis retournées à létat sauvage ont été profondément modifiées en sacclimatant à un climat semi-désertique en trois siècles seulement.
La sélection est basée sur la mesure des paramètres biologiques intéressants (croissance, prolificité, production laitière, adaptation au milieu, etc.). Elle peut être rapide et efficace si le caractère dépend essentiellement dun seul gène (QTL: Quantitative Trait Loci) ou, au contraire, particulièrement complexe si le caractère est lié à plusieurs gènes qui sont dispersés sur plusieurs chromosomes. Leur ségrégation lors de la reproduction sexuée crée à chaque génération des combinaisons de gènes complexes dont les effets sont parfois masqués ou opposés.
Les techniques du génie génétique permettent, en principe, de réaliser le séquençage intégral de lADN dun organisme. En raison de son coût, le séquençage nest pas envisagé pour les animaux domestiques. Le génome des organismes supérieurs contient en grand nombre des séquences répétées de petites tailles, appelées mini et microsatellites, qui ne semblent pas avoir de fonction particulière. Elles sont en tout cas peu conservées dune génération à lautre. Elles sont donc héritables et polymorphes. Cest le cas notamment des microsatellites qui sont par exemple formés de séquences G-T (guanine et thymine) répétées 10 à 20 fois de suite. La position de plusieurs centaines ou milliers de microsatellites a été établie ainsi que les séquences qui encadrent chaque microsatellite. Cette opération consiste à établir la cartographie des génomes. Par la technique damplification de gène (PCR), utilisant des amorces prises dans les régions proches des microsatellites, suivie dune électrophorèse, permettant de visualiser le matériel amplifié, il est possible de connaître la longueur de chaque microsatellite pour chaque individu. Cette méthode permet détablir la filiation entre deux individus, à condition de comparer un nombre suffisant de microsatellites. Il est également possible de corréler, au sein dune même famille, la longueur dun certain nombre de microsatellites et tel ou tel caractère génétique. Cette corrélation signifie quun gène essentiel, responsable du caractère génétique en question, est situé au voisinage des microsatellites observés. La sélection peut dès lors se faire en examinant non plus les caractères physiologiques chez les animaux adultes mais plus simplement les microsatellites à nimporte quel moment de la vie de lanimal, y compris chez les embryons. Ce mode de sélection est plus rapide et plus précis. De proche en proche, il devient possible de localiser le gène en question de manière plus précise puis de lidentifier complètement. La sélection peut alors se faire sur la mutation du gène responsable du caractère génétique dintérêt. Ce gène isolé peut même, en principe, ultérieurement être transféré à dautres individus par transgenèse pour leur conférer le caractère génétique souhaité.
De vastes programmes sont en cours pour achever la cartographie des génomes intéressants et entreprendre des sélections basées sur les marqueurs génétiques. La sélection des animaux ayant une reproduction lente (les ruminants) se fait, pour une bonne part, via des coopératives déleveurs, qui profitent directement du progrès génétique en le réalisant. Ils sont conseillés en partie par des laboratoires de recherche publics qui définissent le schéma de sélection. La sélection des animaux qui ont des cycles de reproduction plus courts (porc, lapin, volaille...) est effectuée surtout par des entreprises privées qui commencent à utiliser la sélection par marqueurs génétiques.
5. Amélioration génétique par transgenèse
La transgenèse dans sa version la plus simple consiste à introduire, dans un organisme vivant, un fragment dADN qui lui est étranger. Lobtention dorganismes génétiquement modifiés (O.G.M.) est laboutissement logique de lisolement des gènes et de la construction expérimentale de nouveaux gènes. La transgenèse comprend deux types distincts dopération: laddition dun gène étranger à un génome et le remplacement dun gène de lorganisme par un gène étranger (qui consiste le plus souvent à inactiver un gène de lorganisme). Dans les deux cas, les modifications génétiques sont transmissibles à la descendance.
La transgenèse constitue donc un outil irremplaçable pour étudier le rôle des gènes dans un organisme et les mécanismes moléculaires qui contrôlent leur expression. Dans le domaine agronomique et médical, la transgenèse conduit à lobtention de modèles qui permettent détudier, avec une précision sans précédent, telle ou telle fonction biologique importante chez les animaux délevage ou telle maladie humaine.
La transgenèse est aussi un moyen radicalement nouveau de créer des mutations dans les organismes. Les gènes introduits peuvent provenir de nimporte quelle espèce. La transgenèse permet donc de franchir la barrière despèce. Elle apporte surtout une information génétique nouvelle que les processus naturels dévolution nont que très peu de chance de réaliser rapidement. Les gènes introduits sont par ailleurs connus ainsi que leurs effets, jusquà un certain point au moins. La sélection par transgenèse est donc de ce point de vue moins aléatoire et comporte moins de biorisques que la sélection conventionnelle basée sur le repérage de mutations spontanées et inconnues. La transgenèse ne perturbe que relativement peu les génomes hôtes puisquelle consiste à insérer un gène actif ou à substituer à une région précise du génome un gène étranger. La sélection naturelle implique inévitablement que des parties entières de chromosomes soient cosélectionnées avec le gène dintérêt. Laddition pure et simple dun gène au cours de la transgenèse se fait toutefois au hasard; le gène étranger peut donc parfois perturber, voire inactiver, un gène endogène. Les effets de laddition dune information génétique supplémentaire ne peuvent pas tous être prévus, pas plus que ceux résultant de linactivation dun gène endogène. La plupart des gènes ont en effet de multiples interactions avec une partie importante des 100 000 gènes que comporte un mammifère. Laddition ou la soustraction dun gène revient en fait, dans la plupart des cas, à interférer avec le réseau dinformations que constituent une cellule et un organisme entier. Un O.G.M., comme un mutant naturel, est donc un être vivant en partie inconnu quil convient dobserver soigneusement avant de lexploiter massivement.
La transgenèse animale est une opération laborieuse et les applications, notamment agronomiques, dépendent de manière décisive de la maîtrise de ces techniques. Les premiers animaux transgéniques, des souris, ont été obtenus en 1980 Les premières souris qui exprimaient un gène étranger, le gène de lhormone de croissance, accompagné dun effet phénotypique une nette augmentation de la taille des animaux ont été obtenus en 1982. Les premiers moutons, porcs et lapins transgéniques ont été obtenus en 1985 et les premières vaches en 1991.
Chez les mammifères, laddition de gène se fait essentiellement par micro-injection dans lun des deux pronoyaux des embryons au stade une cellule. Chez les vertébrés inférieurs et les invertébrés, la micro-injection ne peut être réalisée en général que dans le cytoplasme des embryons, les noyaux nétant pas assez visibles. Ces opérations conduisent à lobtention de 1 à 3 souris transgéniques pour 100 embryons manipulés. Ce taux de réussite diminue de plus en plus lorsquon sadresse au rat, au lapin, au porc puis aux ruminants. Pour rester dans des limites de coûts raisonnables, il a été nécessaire chez la vache, animal naturellement peu prolifique et au cycle de reproduction long, de préparer les embryons par maturation des ovocytes et fécondation in vitro, de cultiver les embryons (après micro-injection du gène supplémentaire) jusquau stade blastocyste puis de tenter de trier ceux qui portent le gène étranger avant de procéder à leur transfert dans des femelles adoptives. Ces techniques peuvent être étendues en principe aux autres animaux de grande taille. La technique de clonage des embryons va probablement rendre rapidement cette approche obsolète dans la mesure où les gènes étrangers peuvent être ajoutés aux cellules en culture qui servent ensuite à régénérer des embryons.
Le remplacement de gène implique un processus naturel de recombinaison homologue. Pour que ce phénomène soit exploitable, il faut en pratique présenter à la cellule un fragment dADN qui comporte des parties strictement homologues à la région du génome ciblée. Ces dernières bordent la région mutée. Le fragment dADN ajouté prend exactement la place de la région correspondante du génome et remplace ainsi lADN de lhôte. Cette opération est essentiellement utilisée pour inactiver très spécifiquement un gène et étudier les effets biologiques qui en résultent. Elle peut en principe tout aussi bien permettre de ne remplacer quune seule base et donc de procéder à une mutation ponctuelle parfaitement ciblée au milieu des trois milliards de bases que contient lADN dun mammifère. Cette même opération peut également conduire à remplacer un gène actif par un autre gène actif, ayant ou non un rapport avec le gène dorigine.
Le processus de recombinaison homologue se produit chez les animaux dans un cas sur 1 000. Les autres recombinaisons, dites hétérologues, correspondent à une simple addition de gène. Un système permet de sélectionner les cellules dans lesquelles la recombinaison homologue a eu lieu. Il reste ensuite à régénérer un organisme entier à partir de ces cellules modifiées génétiquement. Jusquen 1997, la seule possibilité consistait à réaliser le remplacement dun gène dans des cellules embryonnaires souches (ES) et à introduire celles-ci dans des embryons précoces pour engendrer des chimères dont certaines cellules donnent les cellules germinales portant la mutation. Cette opération délicate nest possible que chez la souris, des cellules ES réellement exploitables nayant pas encore pu être obtenues chez les autres espèces.
Lextension de la technique du clonage permet désormais dobtenir des animaux à partir de cellules embryonnaires ou adultes cultivées. Les gènes étrangers peuvent désormais être ajoutés aux cellules pendant la culture par les méthodes classiques de transfection (entrée forcée dADN par un procédé physico-chimique), avant de procéder au clonage à partir de ces cellules devenues génétiquement modifiées. Cette méthode permet de se dispenser de la technique laborieuse de micro-injection de gène. Il est possible de procéder de la même manière pour remplacer un gène. La transgenèse chez les animaux domestiques est ainsi devenue nettement plus abordable.
Les applications de la transgenèse animale sont multiples. Létude fondamentale des phénomènes biologiques repose fréquemment sur lutilisation de cet outil. La transgenèse permet détudier avec plus de précision des maladies humaines complexes, de préparer des protéines médicaments dans le lait de lapine, de truie, de chèvre, de brebis et de vache. Des programmes de recherche ont aussi été mis en uvre pour obtenir des animaux (porc notamment) dont les organes seraient compatibles avec le système immunitaire humain, ce qui permettrait de les utiliser pour les transplantations (xénogreffes). Le domaine agronomique na encore quindirectement bénéficié de la transgenèse. Contrairement aux plantes, aucun animal transgénique nest encore commercialisé du fait des difficultés techniques quil reste encore à résoudre. Lobtention de troupeaux danimaux transgéniques, même en faisant intervenir le clonage, restera, pour les bovins surtout, très lente en comparaison avec ce qui se passe chez les plantes.
Lélevage des animaux transgéniques pose quelques problèmes de biosécurité mais de moindre importance que chez les végétaux. En effet, la plupart des animaux délevage néchangent pas leurs gènes avec des espèces sauvages. Seuls certains animaux marins et aériens, les insectes notamment, posent de réels problèmes qui ne sont pas toujours insolubles. Il est en effet envisageable de rendre stériles les animaux transgéniques dont on veut contrôler la dissémination. Des études entreprises depuis 1995 visent ainsi à obtenir par transgenèse des lignées de salmonidés incapables de se reproduire sans injection dhormones gonadotropes. Les transgènes, comme celui de lhormone de croissance, nont, dans ces conditions, aucune chance de se propager.
La consommation danimaux transgéniques ne devrait pas poser de problèmes très spécifiques. Les réglementations déjà appliquées pour les aliments nouveaux devraient suffire. Un étiquetage approprié doit permettre un suivi en cas de problème et laisser au consommateur la possibilité dacheter les produits de son choix. Les problèmes seront en grande partie résolus par les mesures prises pour les plantes transgéniques.
La mise en uvre des biotechnologies, et en particulier la transgenèse animale, pose des problèmes éthiques pour lesquels il nest pas aisé de trouver des solutions car les hommes entretiennent avec les animaux des relations particulières. Les perturbations, voire les souffrances parfois causées aux animaux par la transgenèse, sont jugées acceptables, dans certaines limites toutefois, tant quil sagit danimaux expérimentaux. Il est impossible, en effet, de prévoir tous les effets engendrés par des situations nouvelles et en partie inconnues. Les buts visés sont par ailleurs dans ce cas non directement lucratifs. Le nombre danimaux impliqués est par définition limité. La situation est totalement différente lorsq |